Entre le café et le pain

Le matin
se réveille fort,
piqué par le froid de la nuit,
se secoue de ses rêves,
se vêt du doux peignoir en molleton,
jouis en paix
le café de ce jour.

Je regarde avec envie
ses gestes en douceur,
plein de quiétude,
au moment où la montre sort
des langues aiguisées,
appuyant nerveusement sur l’accélération.

Vous dormez.
Avec des bras forts et protecteurs,
Morpheus vous berce toujours.
Des respirations irrégulières
vous trahissent,
racontant vos peurs profondément cachées
dans le vide des heures sombres,
la façon dont vous vivez
dans un autre scénario,
éclaircissant des mystères,
combinant de nouveaux personnages
dans une sorte d’histoire d’amour
non-holywoodien.

J’aimerais rester,
oublier les minutes qui frappent mes tympans,
pour vous prendre dans un câlin,
pour extraire votre sève
dans la rivière d’Aujourd’hui,
pour se réveiller ensemble,
fusionnés dans le Demain.

Mais, sur votre visage,
il y a tant tranquillité
que je ne voudrais pas la déranger.
J’ai peur qu’elle ne disparaisse pas,
qu’elle ne se casse en mille morceaux,
un énorme puzzle
que je ne pourrais jamais finir.

Alors,
je laisse le Matin s’occuper de toi,
je mets mon trench-coat gris
pour me protéger de la pluie de feuilles
et je prends de l’élan
à partir du sommet blanc
vers le torrent de gens,
toujours à la recherche,
à la recherche de notre pain de ce jour.

À bientôt, ma chérie…

Le défunt vert

Dans des endroits où
des yeux cherchaient autrefois le repos,
le vert meurt,
pris dans un nettoyage catalytique
des péchés de l’été,
pour se recomposer
en feuilles-flammes.

Des armées d’arbres
lèvent des bras impuissants
avec des gestes de
prière,
bénédiction,
acceptation.

Des flammes se déchirent
de vieux troncs,
des anges aux ailes douces,
taché par les cendres des jours,
des âmes en apesanteur.

J’ai peur d’avancer,
je ne voudrais pas que des pieds
tachent les couleurs de l’automne…

Orange

Orange,
sur des feuilles ennuyées par l’été,
sur des timides pétales se cachant de la nuit,
sur la chemise en voile t’élevant au ciel,
montagne de délices
caressant les yeux de l’âme.

Longtemps,
je ne me souvenais pas quand
le moment que j’ai rencontré
pour la première fois
la couleur.

Je sais seulement que,
en entrant dans ce monde,
au premier cri,
les yeux se sont ouverts.

J’ai compris plus tard,
c’était mon cri.

J’ai eu peur
de la lumière des réflecteurs,
de l’air qui a remplacé mon liquide amniotique,
de voix agitées alentour,
de mains essuyant trop forte mon corps.

Maintenant,
encore une fois,
j’ai scellé mes yeux
par désir de garder
la sécurité des débuts.

Et soudain,
tout autour de moi
a changé la couleur
en orange…

L’hier…

Où es-tu allé,
ma journée d’hier ?

Parmi les mains de l’horloge,
dans une course sans échappatoire
où les miettes des jours se dispersent ?
Il n’y a que des routes
avec des indicateurs erronés,
suspendues à des piliers solitaires,
numérotées annuellement…

Sur des collines enneigées,
bavardant avec des fils rebelles
où le vent a un parfum d’enfance ?
Ce sont que des spectres
d’instants mourant,
attrapés dans la danse des souvenirs,
innombrable…

Des jours attendent patiemment
une place dans ma maison.

Et pourtant, L’hier…

Peut-être…

Je vous ai préparé un café
dans les instants où
le soleil apparaît à l’horizon,
noir comme la nuit achevée,
brûlant comme votre dernier baiser.

De l’âme,
des cubes se sont détachés,
je les ai laissés tomber
au fond de votre cœur,
adoucir la matinée.

Je ne sais pas si
la recette mérite un brevet,
parce que je n’ai pas réussi les « cuisiner »,
ni la Reine de la Nuit,
attachée à vos longs cheveux,
ni le sourire du coin de votre bouche…

Donc,
Je reprendrai chaque pas,
à la recherche de nouvelles épices,
feuilles de bonheur
enchantées par des grillons,
fleurs Ne M’Oublie Pas,
tombés de l’infini du ciel.

Peut-être, un jour,
je comprendrai
l’ensouple de sentiments qui vous entoure
et je déchiffrerai
les mots croisés de vos atomes.

Peut-être…

Âme qui coule

Âme qui coule
Des vérités coulent
à travers des fins doigts,
allongés en générations
de caresses parentales,
terre humifère,
nourriture des graines pas germées.

Des regards coulent
à travers le verre des lunettes,
chargés de sentiments
pleins d’amour,
doux océans,
nourriture des esprits innocents.

Des rivières recueillent
l’innocent pouvoir,
regards avec des fardeaux de vérité,
esprits innocents
en agitation continue,
nourriture de l’hiver en nous.

On a déjà entendu le coup de gong,
mais toi, âme qui coule
à travers le brouillard sans frontières,
tu espères encore…

Le printemps, arrivera-t-il ?

La lune et Elle

J’ai touché la lune avec mon cœur,
elle s’est renversée.
Ça m’a servi des nuits blanches
me tenir compagnie
aux jours de pluie.

On pourrait dire
que c’était intentionnel,
pour venger les moments sans elle,
quand j’attendais que tu viennes,
mais tu ne retrouvais pas le chemin,
quand on te cherchait parmi les étoiles,
mais on ne voyait pas
l’éclat de tes yeux…

Quel gaspillage d’illusions !
C’était une simple caresse
par amour
pour les longues nuits
durant lesquelles tu portais son aura,
pour les matins de rosée
quand les étoiles se réveillaient
à côté de moi.

Mais elle ne me comprenait pas,
pensait qu’elle méritait plus,
plus que les étoiles du ciel,
pensait qu’elle pourrait en avoir plus,
plus qu’un cheval de bât attelé,
le portant d’est en ouest.

Puis le ciel a tremblé
et elle a versé
des nuits blanches sur
les jours de pluie vécus ensemble,
la lune, Elle…

Que du silence…

Tu t’es glissé
au fond de moi,
lentement,
au-delà de la ligne de sécurité,
en essayant de mesurer
la taille du silence.

Je pensais que c’était un jeu,
un fantasme échappé par les fenêtres des yeux,
ouvertes à des histoires d’antan,
mais je sentais
vagues de chaleur
me fondant,
étourdissant mes sentiments.

J’entre dans le jeu et je cherche
une douceur connue
sous des formes dématérialisées,
mais, avant de les toucher,
mes mains sont en feu.

Des pulsations intenses
traversèrent les barreaux de la poitrine
dans un test de résonance
avec les murmures d’une horloge
pas loin d’ici.

Des forces entropiques déclenchent la tempête,
projetant les corps dans des vagues.

Les âmes s’accrochent unes aux autres,
en attendant la grande rédemption,
s’entremêlent comme des racines,
avec des éclairs et des tonnerres,
avec des respirations irrégulières.

Des grains de sable coulent
sans que personne ne puisse les compter.

Une dernière secousse spasmodique,
un dernier cri primordial
et l’orage disparaît.
Les vagues s’en vont dans le néant,
laissent deux corps fatigués,
fusionnés sur le miroir du ciel..

Le temps s’est arrêté,
il n’y a que du silence…

Equilibrium

Je suis tombé
du berceau de l’enfance,
dans un monde
plein de contradictions,
de choses bizarres,
pour lesquelles
je n’étais pas prêt.

J’ai reçu la carte de l’exercice,
un itinéraire balisé en noir,
lequel
je devais le traverser
les yeux liés,
sans dévier de la route.

Les tempêtes m’ont poussé
parfois à la lumière
et souvent
à l’obscurité,
ne pouvant pas distinguer
la réalité du rêve.
Je ne sais toujours pas si
la balance
a trouvé, finalement,
du repos.

Je cherchais des âmes perdues
leur montrer mon chemin,
mais chacun avait
une carte personnalisée
et nos itinéraires
ils se sont juste croisés.

J’ai rencontré des âmes voyageuses,
avec une expérience si intense du présent,
sans aucun projet d’avenir.
Nous flottâmes ensemble dans les nuages,
jusqu’à ce que la pluie commença
et je me réveillai dans la poussière,
avec des gouttes salées
se mélangeant
avec des gouttes de pluie.

J’ai arrêté d’inventorier des âmes,
j’ai cherché des relations adultes
et des pensées mûres.
Mais j’ai trébuché
dans un problème auquel
je ne trouve pas de solution,
qui ne vient pas du monde extérieur,
mais de mon propre mécanisme,
une pièce défectueuse,
que je ne peux pas identifier,
qui m’empêche de toucher
l’équilibre …

Brouillard matinal

La terre s’est réveillée,
au paquet avec le brouillard,
brillant,
burqa éthéré,
flottant irréel
sur le visage du soleil,
à la renaissance de l’aube.

Je sens comment
tu dis „Au revoir”
à la nuit engloutie par la lumière,
en battant des paupières,
des ailes déployées,
en vol vers les hauteurs.

Je te regarde et j’attends,
j’attends que tu me reçoives
dans ton rêve innocent,
moi,
l’accident à la fin heureuse,
pour retrouver tes réponses
à des examens depuis longtemps
passés.

Tu ouvres les fenêtres vers le matin
et mon regard se sent coupable que
j’ai interrompu ton rêve d’ado.

J’essaye de me revancher
en caressant tes lèvres
avec mes lèvres chargées de désirs, j’inspire votre parfume
avec des narines dilatées d’impatience,
je me nourris de toi
avec la faim d’un diabétique.

Mon film a rompu,
je me souviens juste que
on s’est retrouvés enlacés,
respirations irrégulières,
avec des regards embrassés.

C’est si facile se perdre dans le brouillard…

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