Homo Roboticus

On aime beaucoup une vie en esclavage,
Gardant les mots planqués dans des immenses cages.
On a peur dévoiler l’abîme noir des âmes.
À dire tout ce qu’on pense, on manque la flamme.

Des masques dorés cachent des ignobles vies.
Les larges sourires sont toujours de l’envie.
On traite les sentiments comme des otages.
Les jours se naissent juste pour tourner la page.

Pour échapper à cette terrible agonie,
Avec des robots tu peux échanger la vie !

Étoiles De Glace

Des étoiles qui naissent de l’eau glaciale,
Des anges sur le verre me sourient en silence,
Des pas se dessinent sur la rue provinciale,
Je suis coincé regardant la blanche virulence.

Les temps sont confinés par le vent doux,
Les flocons ne tombent pas de l’oreiller non plus,
Les fées sur le lac dansent toutes nues,
Des images de leurs visages sur la Lune s’engluent.

Tu dors près de moi, c’est comme un rêve,
Tu parles aux étrangers dans la nuit,
Tu voles parmi des souvenirs, tu prends leur sève.
À t’envoyer que des murmures, je suis puni,

Maîtresse blanche d’amours en agonie…

Restauration

Dans une tentative de restauration,
j’ai enlevé la toile du ciel,
je l’ai forcé s’étendre sur le chevalet
et puis, comme dans un jeu d’enfants,
j’ai tamisé des gros flocons de neige sur elle.
Il me manquait tant l’éclat des étoiles…

Peinture griffonné par la mémoire glacée,
j’ai perdu trop de temps parmi mes rêves,
en cherchant l’angle parfait, l’endroit parfait,
la perfection d’un monde habité par des êtres humains.
Mais j’ai trébuché sur des larmes,
et les couleurs avaient laissé des traînées sur mon âme.

Maintenant je vais bien,
pris à un clou, avec vue sur l’avenir,
je rattache mes fils déchirés par les démons du passé.
j’attends que des doigts essuyassent ma froide sueur,
pour faire de moi un arc-en-ciel,
pour tourner, encore une fois,
la Roue de la Fortune…

Secondes en balance

Mon esprit est accroché à un clou enfoncé entre les ans, Pendulant librement, en silence, du connu Vers le profond mystère d’un autre début. Je me baigne dans des vagues de contemporaines, Ayant le cœur endormi sur l’épaule d’hier, Avec la peur d’un demain sans prière. Ils me bercent les secondes dans des platanes, Me…

À Propos De Toi

Je regarde, dématérialisé, deux particules.
La particule « Elle », distante et rebelle,
Grattant l’âme tordue d’une particule « Je »,
Sans voir l’abattage effrayant qu’elle provoque…

« Je » ne résiste pas à cette attraction bizarre,
Laquelle « Elle » effuse aux alentours,
Un parfum de lierre, toxique, interdit.

Tous les capteurs lui disent :
– « Elle » est l’amour qui ne veut pas de toi !
Sans entendre, sans comprendre, quoi que ce soit,
« Je » reste incarcéré dans les lignes de cette silhouette.

En mouvement brownien entre « Elle » et « Je »,
Le désir de se toucher augmente dangereux.
« Je » est dépassé par le pervers jeu de cache-cache.
« Elle » le domine toujours avec des atouts secrets.
Personne n’est en sécurité,
Personne ne prévoit le choc de leur union !

Soudain, l’espace-temps se déforme,
Mélangeant plus l’infini à moins de l’infini.
Ce qu’il n’aurait jamais dû se rencontrer
S’embrasse dans un bref moment d’extase…
La lumière jaillit des abîmes noirs qui l’ont avalé !

Vivantes explosions multicolores,
Du blanc neutre jusqu’au rouge de la victoire,
Comme un tapis, couvrent le triste noir,
En prenant cette nouvelle forme,
Une plus que parfaite.

Et voilà !
« Je » et « Elle » n’existent plus,
Pris au piège par un rêve aux proportions illimitées,
D’une perfection accessible seulement à l’Immortalité,
Un espoir inattendu, venant de l’avenir.

Je t’aime tant, mon beau enfant !

Temps de Papis

Mon cœur bat le rythme de la musique d’hier,
Avec la syncope d’aujourd’hui
Et presque en arrêt cardiaque
En pensant à demain…

Il me manque un tableau :
Flaques d’eau attendant des pieds ludiques,
Gouttes de pluie en vol libre vers le ciel,
Rivières déterminées à les rassembler dans une seule entité.

J’ai faim des anciens moments,
Enveloppés dans le noir et blanc,
Cachés entre les pages de mémoire,
Navigants sur des lignes de temps inconnues.

J’ai envie infinie des yeux de bébé
En concurrence féroce avec le gyrophare,
En guerre totale avec les papiers multicolores,
Héros libérant les cadeaux de Papy.

J’ai peur à demander aux éclaboussures,
Et quand-même, timide, je le dis à voix basse :
Reviendras-tu jamais à moi, Père Noël ?

La Troisième Saison

Les doigts s’allongent timidement vers ton ombre
endormie dans la litière de feuilles
sans pouvoir toucher les formes familières
de tant années d’histoire commune.

Je peux sentir ton sang en pulsations carotidiennes
sur le contour diffus devant moi.
Je suis ému par sa vibration en cercles concentriques
déferlant des tympans.

Des yeux mouillés cachent les flashes de la vie
dans des verres gravés avec des déceptions,
projetant le film d’un temps passé
en déroulement rapide.

Il n’y a plus de nouveautés dans ma vie.
À l’ombre m’accompagnant,
je ne trouve plus les arômes de ses lèvres.
Des sensations égarées sont camouflés
dans l’armoise des dernières saisons.

Où et quand
nos esprits perdus se retrouveront-ils ?
Dans la mémoire grise de l’ADN
des secondes innocentes se sont entrelacés
avec le souffle du temps errant.

On continue à compter les saisons,
même si on est arrivé a trois…

Insuffisance cardiaque

En petits grains, rapidement coulent sur moi
Des souvenirs incarcérés en sablier,
Rideau se lève, fait exploser des émois
Sur scène, des anciens amants sont gaspillés.

En blanches rivières, sylphides obéissantes
Font le ballet connu du premier câlin,
Sous de longs cils, avec visages innocents,
Les Eves ont des peurs, mais de regards malins.

En pas de deux, ayant espiègles rires,
Des yeux glissent en silence, doucement,
À moi, épines brulant mon cœur de pire,
À toi, un simple jeu de rôle, frustrant.

Je reste dans les abîmes, la lumière éteinte,
Il fait noir et rien je ne vois autour de moi.
Le spectre fou de ce vieil amour atteint
De me leurrer, en espérant que je le croie.

Les émotions résonnent au rythme cardiaque,
Des infinies montagnes peint le sombre EKG
Marquant des douces rêves sous des lilas, il traque
Les signes de vie des amoureux trop éloignés…

Âme En Caoutchouc

J’ai une âme en caoutchouc :
Si la gauche me veut, je m’allonge à la gauche,
Si tous les points cardinaux me veulent,
Je ne veux pas décevoir
Et je me partage au monde entier,
Selon les besoins.

Étant en caoutchouc,
Le monde me regarde
Avec indifférence,
Avec froideur,
Et on pense de moi que je n’ai
Aucun sentiment,
Aucune nécessité,
Que mon âme à louer.

Cependant, tendu à pleine charge,
Je réponds souvent comme les cordes d’un piano
Qui, suite à un petit pincement,
Se déchaînent et commencent à
Dévoiler des sentiments,
Crier des douleurs,
Chanter des aspirations.

Je suis content de mon état élastique
Et quand je pense à la foule,
Aux gens qui m’entourent,
C’est vraiment une joie le pouvoir de
Leur être utile,
Leur partager de mon énergie,
Leur offrir une épaule accueillante aux moments de besoin.

Mon côté obscur me distrait,
En insistant pour que je sois
Bourré,
Piétiné,
Mais il y a un grand avantage pour moi,
La force d’action m’étant appliqué a toujours un réponse :
Toute la force de réaction dont je suis capable.

C’est comme ça que je me souviens la troisième loi de Newton !

Maison de la Pomme

Je tends des fils du vent automnal
à la rouge-vive porte d’une pomme
Je frappe trois fois le fruit banal
en attendant connaître ses patrons,
les inviter à bavarder.

On nous a fait entrer un individu grincheux,
plein de bagues et très précipité,
un rocker flétri, à des grands yeux.
On n’arrive rien à le demander,.
car il s’est retiré rampant ses collants soyeux.

Quel crétin ! Totalement impolie !

Je sors le couteau de ma poche
et déplie la maison en quatre vents,
je dévoile l’intérieur exigu à des proches,
le dortoir de naines, insuffisant,
des débris alimentaires partout, si moches.

L’individu, il n’y a personne à l’avertir
Qu’une vie de ver aura en avenir ? !